« Sur vie » – épisode 4

/ juillet 11, 2017/ Sur vie

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Je m’étais renseigné sur M. Poncet. Il s’agissait du fils d’un dirigeant d’un grand conglomérat d’armement qui avec la guerre s’était enrichi sur le dos d’un état qui allait par ses déficits creuser sa perte et son rachat par les barons de la finance. M. Poncet sans vergogne s’était construit un empire sécuritaire. Il contrôlait armes et hommes dans un empire qui bien qu’hérité du capitalisme légal n’en devenait pas moins proche de ce qu’avait pu être certaines entreprises mafieuses. M. Poncet était devenu la police privée et l’un des deux leaders mondiaux du domaine, l’autre étant aux Amériques. Il vendait des armes qui soutenait la violence, pour se défendre de laquelle il fallait payer ses services de sécurité. L’un alimentait l’autre. Parfait business en tant de guérilla constante. Et il me fallait à présent assurer la sécurité de cet homme.

 

Comme la veille je passais les différents SAS, à ceci près que je conservais avec moi armes et papiers biométriques. Dans le bureau, M. Poncet me décrivit brièvement ma mission me laissant toute liberté pour organiser les choses. J’avais sous mes ordres une dizaine d’hommes. Il m’indiqua mon bureau, accolé au sien et muni d’une vitre sans teint sur le sien. Je m’installais. Je réalisais alors subitement quelle part de paperasserie allait contenir mon nouveau poste mais, bon, il fallait en passer par là. Il me fallait dans un premier temps ficher le personnel. J’allais donc les recevoir un par un afin d’établir un dossier sur chacun d’eux. J’avais immédiatement chargé les deux gardes en place d’assurer la sécurité par rapport aux visiteurs. Ils allaient continuer à agir comme il le faisaient déjà, escortant tout nouveau venu jusqu’au bureau et le gardant sous surveillance pendant les trajets, et j’affectais deux autres hommes à la sécurité du bureau en lui-même, ceux-ci se tenant sur les deux côtés de ce magnifique meuble en orme. Je les avais affectés provisoirement attendant les résultats de mes recherches sur leur pedigree.

 

Je commençais donc par m’enfermer dans mon bureau, et entamais mes recherches dans les bases de données de surveillance électroniques auxquelles j’avais préalablement demandé un abonnement. D’anciens militaires et acteurs du renseignement de l’époque des états nationaux avaient récupéré fichiers et réseaux de surveillance et les avaient commercialisés à de tels prix que seuls des richissimes avaient pu se les payer, renforçant ainsi leur position dominante jusqu’à l’éradication des concurrents moins puissants. Maintenant, je ne pouvais donc plus travailler que pour ces seuls richissimes qui se créaient de véritables armées privées. Et c’est bien la création de l’une des plus grandes armées privées du monde que je voulais réaliser par ce travail. Pour l’instant, il s’agissait d’assurer la sécurité de M. Poncet avec toute la dimension de renseignement que j’allais réaliser pour le moment, il m’y faudrait des collaborateurs, me refusant à sous-traiter ce genre d’actions critiques. Pour le personnel, mais aussi pour toutes les personnes que M. Poncet serait amené à rencontrer tout passerait par moi.

 

Il me fallut une quinzaine de jours pour établir les dossiers des personnes en poste et pour établir les profils de recrues potentielles. Il me fallait une assistante pour tout le travail d’intelligence. Celle-ci se devait d’être une bureaucrate acharnée et finalement son aptitude sur le terrain comptait moins que sa capacité de fidélité et sa loyauté. Je pensais avoir ciblé la perle rare en une femme d’un certain âge, quarante ans, mais c’était déjà vieux pour ce genre de métier mais elle pourrait me suivre assez longtemps quand même. Je l’avais rencontré quelques années plus tôt, en Russie alors qu’elle y travaillait pour l’ambassade française. Elle connaissait donc déjà bien l’est et les difficultés qu’ils avaient depuis maintenant 50 ans, difficultés qui n’étaient pas sans rejoindre celles que nous connaissions ici aujourd’hui. De plus, elle avait beaucoup travaillé sur la mafia russe et sur les personnages ayant repris le contrôle d’une part du renseignement, des hommes et des armes de l’armée rouge et qui avec ce butin avaient pu se construire des empires aujourd’hui concurrents de mon nouveau patron. Mlle Blank me paraissait réellement être la recrue idéale. Discrète et efficace, fidèle et loyale, elle semblait être la perle rare que je recherchais. De plus, elle n’était pas assez belle pour créer des problèmes par rapport à son statut de femme ce qui n’était pas pour me déplaire, bien au contraire. J’allais être parmi les dernier employeur de femme hors commerce sexuel et cela finalement bien que totalement contraire à mes habitudes ne ma déplaisais finalement pas. Je savais que la loyauté d’une femme à un homme était toujours beaucoup plus importante que celle d’un autre homme aussi jeune et dévoué soit-il. Bref, Mlle Blank allait entre dans ma vie si je parvenais au débauché de sa société de surveillance d’une des plus grosses banques. Elle y était adjointe au responsable du personnel ce qui s’apparentait à ce que je lui proposais, mais ce qui était bien moins payé et bien moins intéressant compte tenu du fait que les recherches que j’allais lui soumettre ne connaitraient aucunes limites.

 

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