« Sur vie  » – épisode 5

/ septembre 27, 2017/ Sur vie

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Elle répondit affirmativement pour me rencontrer, j’avais joué sur la corde sensible et sur le plaisir des retrouvailles autour d’un verre chez moi. Les lieux de sortie étaient réellement devenus trop dangereux pour les femmes même accompagnées. Ils en étaient depuis bientôt 20 ans totalement désertés. Je passais la chercher vers 21h à son appartement, qui comme pour la plupart des employés étaient situés dans les locaux de leur entreprise. La sécurité était bien moins renforcée dans cette banque que chez M. Poncet. Il n’y avait qu’un SAS où papiers biométriques et armes étaient vérifiés et prélevés. Je montais donc au dix-huitième étage et trouvais sans peine son appartement sans la moindre escorte, simplement suivi par une caméra et l’allumage des lumières du couloir. Cela dit je découvris progressivement qu’un homme en armes se tenait au bout du couloir et que muni d’un casque de visibilité nocturne il me surveillait, me tenant presque en joue. Il s’approcha lorsque j’arrivais devant la porte blindée de Mlle Blank.

  • Vous cherchez ?
  • Mlle Blank, elle m’attend.

Il sonna. Une lumière au-dessus de la porte s’alluma nous ébloui puis la caméra s’orienta tour a tour vers l’homme puis vers moi.

  • Je vous ouvre Mehdi. Dit-elle de l’intérieur.

La porte cliqueta de toutes parts et s’ouvrit. Lorsqu’elle montra m’avoir reconnu, l’homme s’éloigna de quelques pas, mais restait sur ses gardes.

  • Dis-je en entrant.
  • Bonjour, alors que me vaut une telle visite, les vôtres sont rarement dénuées d’intérêt.
  • Comme toujours, mon amie. Mais peut être pourrions-nous en parler chez moi. Je vous escorte.
  • Je préférerais rester ici si cela ne vous dérange pas trop, cette chaleur extérieure m’oppresse réellement en ce moment. Cela devient si humide. J’ai un très bon chianti, un authentique.

Les alcools comme bien des choses étaient devenus des denrées rares, peu de paysans existaient encore et la plupart étaient des reconstitutions chimiques en usine. Mais là il s’agissait visiblement d’un vrai vin, probablement de plus de 20 ans. Elle revint avec la bouteille. En effet, il datait de 2017. Une véritable fortune, quel honneur me faisait-elle. Je savais depuis longtemps qu’elle avait un petit faible pour moi, mais cette fois elle me le témoignait ouvertement. Les retrouvailles créent toujours une atmosphère de complicité qui favorise les rapprochements, elle ne le savait que trop et devait vouloir jouer dessus. Sans être dupe, je voulais entretenir cet intérêt et m’en servir non seulement pour arriver à la convaincre de travailler pour moi mais aussi pour maintenir à l’avenir une relation de fidélité et de dévouement dans son travail. Relation qui serait à la base d’une collaboration efficace. Il fallait qu’elle comprenne gentiment tout en conservant un minimum d’espoir. Je la laissais ouvrir la bouteille.

  • Alors que me voulez-vous, cette fois ?
  • J’ai besoin de vous pour une mission. Une mission de longue durée. Je sais votre position actuelle et je suis en mesure de vous proposer quelque chose de disons, plus intéressant et ce à tous les niveaux.
  • Je vous écoute.
  • Il s’agit de travailler avec moi à la sécurité d’un homme puissant. Vous seriez en charge conjointe avec moi du renseignement. Renseignement sur les personnes qu’il sera amené à rencontrer notamment. Pour la mise en place du service de sécurité je serais amené à trouver une troisième personne. Vous seriez chargée de collecter et de rechercher peut-être même plus loin des informations sur ces personnages, de m’en faire rapport et de participer par votre conseil à la mise en place des systèmes de sécurité. Bien entendu, ce travail plus intéressant intellectuellement le serait également financièrement. J’ai eu accès à vos comptes et il me paraît indécent pour cette banque de vous payer si peu. Je vous propose un doublement de vos revenus. Bien entendu, il vous faudrait déménager et nous rejoindre dans la tour IDS.
  • Votre proposition bien que soudaine me paraît être à étudier avec la plus grande attention.
  • Je vous demande une réponse pour demain. Ça ira ?
  • Oui, parfait, je vous réponds demain, mais soyez sûr que votre proposition m’intéresse d’ores et déjà beaucoup. J’ai de bons souvenirs de nos anciennes collaborations en Russie. A une autre époque…
  • Bien alors finissons ce verre. Je ne peux vous en dire beaucoup plus compte tenu de la situation, mais nous nous connaissons assez pour savoir de quoi il retourne.

Elle lui sourit et bu une lampée. Elle paraissait heureuse de cette proposition et malgré sa retenue j’avais bon espoir qu’elle me rejoigne.

 

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