Sortir des trous noirs

Les troubles psychiques ont souvent leur lot de trous noirs. Ces moments où l’on se sent happé par quelque chose hors du monde. Ces moments où l’on aimerait ne plus être là, vivre mais hors du monde. Si le départ, le voyage et ce que certains appelleront la fuite fonctionne, c’est parce qu’ils semblent nous sortir de nous même. Ils paraissent pouvoir nous emmener dans une autre vie que la nôtre. Alors on prend la route, les rues pour quelques heures, quelques jours ou quelques mois. Le présent, le “à vivre” est trop difficile pour être vu en face comme on peut y être confronté parfois dans l’inaction ou l’attente. 

Peut-être que ceux qui partent ne rêvent plus. Ils ne rêvent peut-être plus d’un lendemain meilleur et préfère quitter leur réel actuel. 

Comme un film insupportable, comme un cauchemar qui ne quitte plus au réveil et qui nous absorbe dans sa noirceur, la vie concrète peut s’avérer tellement inaudible qu’il nous faut partir. Ce vrai de la vie que l’on mène, cette réalité trop sensible et pourtant pas encore intelligible, on est parfois obligé de partir pour ne pas la voir, pour ne pas la sentir et la ressentir. Mais un jour, il faudra. 

Comme un film insupportable, comme un cauchemar qui ne quitte plus au réveil et qui nous absorbe dans sa noirceur, la vie concrète peut s’avérer tellement inaudible qu’il nous faut partir.

Alors on espère ne grappillant parfois des bouts de vérité sur soi et les autres que l’on parviendra un jour à se voir, à accepter ce que l’on est et ce que les autres renvoient sur nous. Chaque seconde de conscience sur soi est une victoire de reconquête de qui nous sommes. Parfois, on se sent soi, on parvient à s’aimer même un peu dans le regard de l’autre, dans le sien même. Mais souvent, ce mur qui se dresse avec inscrit en énormes lettres qui l’on est, terrasse et effraie jusqu’à devenir infranchissable. 

Et il faudra avec le temps le dépasser pour cesser de le contourner, pour cesser de faire demi-tour, pour cesser de partir. 

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