Je ne l’ai jamais revu (épisode 3.3)

Résumé des épisodes précédents : Quelques hommes trainent devant la gare. Anna vient d’arriver sur le parvis, elle s’approche d’eux.

Intrigué par elle et commençant à m’ennuyer sur  mon banc, je me levais et partis les rejoindre. La jeune gonzesse ne  sembla même pas remarquer mon arrivée tant elle  était plongée dans sa négociation.

– Je t’en donnerais  pas plus de cinq cent francs. D’accord la photo est pas  nette, ça peut facilement être utilisé, mais moi ce n’est  pas ce que je fais d’habitude, donc la refourguer, ça  risque d’être compliqué pour moi.  

− Non, il me suffit de trouver quelqu’un qui s’y  connaît ça partira pour beaucoup plus, répondit-elle. 

− Moi, je connais, dis-je, sachant pertinemment  que Stef m’en voudrait. Tu la fais à combien ?  

− Normalement huit cents, mais à sept cents, ça va ?  

− Sept cents, c’est trop !  

− C’est beaucoup moins que ce que je la vendrais  près de chez moi.  

− C’est où, près de chez toi. Lança de loin un mec  qui se mêlait souvent des histoires sans jamais rien  faire par lui-même. 

Je voulais lui montrer qu’il n’avait  rien à dire, là-dessus et sur d’autres choses en cours  donc je la prenais à sept cent.  

− Aller miss c’est reglé. Dis-je en examinant  consciencieusement la carte. Tu vends souvent des  cartes ?  

− Ça dépend. Me répondit-elle, visiblement  choqué que je m’immisce ainsi.  

− Ok, tu as faim ? Je n’ai pas mangé à midi, je vais  chez le vendeur de sandwich là-bas, tu viens avec moi,  on va régler tout ça.  

− Ok.  

Nous nous dirigeâmes alors vers la sandwicherie  qui servait de QG pour tous les deals. 

Cette fille m’intriguait. Elle était un peu belle, ne paraissait pas vraiment bête, je me demandais ce qu’elle faisait là.

Cette fille  m’intriguait. Elle était un peu belle, ne paraissait pas  vraiment bête, je me demandais ce qu’elle faisait là.  Mais surtout, comment en était-elle arrivée à vendre  des cartes d’identité. Je ne savais pas non plus  comment elle se les procurait, si c’était des fausses ou  des volées. Elle devait travailler pour quelqu’un. Peut-être un mec qui ne voulait ou ne pouvait plus mettre  les pieds ici. Une fille toute seule comme ça qui sort  de nulle part c’était plutôt bizarre. J’allais la jouer fine  pour le savoir, étant donné sa réticence de tout à  l’heure sur mes questions personnelles  

− Tu es de passage ici ? Je ne me rappelle pas  t’avoir déjà vue. Pourtant le quartier je le connais. 

− Oui, je suis de Paris mais je dois descendre dans  le sud, vers Biarritz, et j’ai des gens à voir en chemin. 

− Pour leur voler leurs papiers… Je riais.

J’y allais  un peu fort mais au moins la réaction serait visible.  Elle me scruta cherchant si je plaisantais. Son  regard était devenu méfiant, elle n’appréciait  visiblement pas, à tel point qu’elle eut un moment de  recul. Contente ou pas elle avait sa carte à vendre. 

− Tu en as d’autres ?  

− Non pas sur moi.  

− C’est quelqu’un qui les as ?  

− Non.  

Je m’énervais intérieurement, je venais de faire la  seule connerie à ne pas faire, faire une proposition et  poser des questions au moment ou je viens de lui  paraître antipathique. La meilleure solution pour  qu’elle réponde non. Cela dit, elle avait laissé une  brèche ouverte, en précisant, « pas sur moi », tout  n’était pas perdu. Elle avait probablement un réel  besoin de me la vendre et peut-être que je pourrais  même avoir les autres.  

− Et si je te prends celle-là aujourd’hui et qu’on se revoie demain pour d’autres tu me la fais à cinq  cents ? Tarif de gros, quoi.

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