Je ne l’ai jamais revu (épisode 1.4)

Résumé des épisodes précédents : Mirko, serbe de 40 ans, éleveur de chiens reçoit une livraison de dogues allemands. C’est alors qu’il découvre ses caves ouverte et une jeune femme à l’intérieur.

Je partais, semi hagarde, semi apeurée, peut être  plus par ma situation que par cet homme malgré sa  violence et ma frayeur d’être à sa merci. Cette frayeur  n’avait été que subite, elle disparu une fois le dos tournée  à ces cages de chiens. Mais ma peur de ce qui m’arrivait  de ce qui allait encore m’arriver dans cet univers que  j’avais cru connaître, elle ne s’estompait pas. Et la rue me  surprenais un peu plus chaque seconde.  

Quelques jours plus tôt j’étais encore chez moi,  j’avais tout ce dont peut rêver une gamine de vingt ans. Un appartement dans mon quartier, des amis, de  l’argent, tout ce dont j’avais besoin en somme. Tout  avait commencé lorsque Avi, mon ami, mon amour,  mon amant, celui qui subvenait à tout pour moi avait  décidé de jouer avec trop gros peut-être avec trop fou  pour lui. Il aurait fallu qu’il ne tienne à rien pas même  à moi…  

Nous vivions d’un petit trafic rodé, il faisait ça avec des « amis » d’enfance m’avait-il dit,  et avec des connaissances que nos virées en  soirées nous permettaient de multiplier. Tout cela  nous payait le loyer et des charges, et je travaillais  aussi comme hôtesse dans des trains en partance pour  la capitale de cette substance : Amsterdam. Ce fait  alimenta notre trafic en produits plus chers payés, ce  qui complétait encore notre pécule. Bref, nous vivions  bien et étions heureux. Jusqu’à ce fameux jour, où il  me semble avoir tout perdu. Et j’ai fuit, sans lui, peut être même sans moi-même. Je me retrouvais dans la  rue, en cavale de la folie humaine, en cavale de ce  monde ahurissant, où des enfants s’entretuent quand d’autres sont sur des bancs d’école  à apprendre comment dominer ceux qui deviendront  plus tard leurs sous-fifres. J’étais du camp des sous fifres, des sous-hommes, des sous-femmes de ce  système. Nous fournissions des gens qui plus tard  nous écraseraient sans vergogne en vengeance presque de cette jeunesse où nous semblions, où nous  croyions les tenir. Nous les tenions mais à terme, c’était eux qui nous tiendraient.

Nous fournissions des gens qui plus tard nous écraseraient sans vergogne en vengeance presque de cette jeunesse où nous semblions, où nous croyions les tenir. Nous les tenions mais à terme, c’était eux qui nous tiendraient.

Quoiqu’il en était de ces réflexions semi métaphysiques sur notre monde, je me retrouvais  dans la rue, cette rue que j’avais cru aimé et qui aujourd’hui se retrouvait être  mon seul abris de fortune. Un abris finalement  hostile, bruyant et si violent. J’avais quitté Paris  immédiatement, me réfugier dans la province où nul  ne me connaissait, où je pourrais recommencer une  vie de zéro. Il s’agissait de partir avec mon baluchon  et de m’implanter quelque part, loin de tout ce que  j’avais pu connaître, loin de ce que j’avais vu.  J’avais pris le premier train pour Orléans, que je ne  connaissais pas, espérant y trouver secours, je n’y avais  trouvé que Mirko et sa cave de chiens. Je me trouvais  dans une de ces excroissances urbaines d’où je ne reviendrais peut-être pas.

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