Je ne l’ai jamais revu (épisode 2.5)

Résumé des épisodes précédents : Anna a été prise en stop par un homme d’un quarantaine d’années. Il l’emmène dans un appartement enfumé où vit un de ses amis.

Ce nounours de Rachid l’avait pris en affection.  Il riait à tout ce qu’elle disait. Doux comme un agneau,  c’était sa technique. Ça contrastait avec la stratégie du  « guerrier sur le retour » d’Etto et de la réticence  marquée du Calabrais. Mais le rital, il voyait toujours  dans les filles le vice. Pour lui, les femmes c’était la  tentation, le poids de la religion peut-être. Sans tenter  d’analyse psychanalytique, je pense que c’est plutôt sa  perversité quand il pense aux femmes qu’il projette sur  elles. Mais bon, je ne le connaissais pas bien, je n’allais  pas lui dire ce genre de truc. D’autant plus que je me  serais fait emmerder à me prendre pour son psy.

Bon, j’étais quand même un peu pressé de rentrer à  l’hôtel. Fallait pas que Rachid me la détourne, c’était moi  qui l’avais trouvé cette fille. J’essayais de lui faire  comprendre par des sous-entendus mais c’était plus elle  qui les saisissait, il était vraiment trop défoncé. Ils  parlaient, parlaient, souriait, il allait arrêter de la draguer  ce con ! Il avait qu’à aller s’en chercher une. Celle-là elle  était pour moi. Et voilà, il était parti à parler et avait  dévié sur les histoires de cul et le manque en tôle pour la  tester. Et elle se marrait, elle n’avait même pas pris ça  pour une pression, en parlait naturellement avec lui,  riait… Elle avait réussi à le toucher en étant  compatissante et ça avait détourné la conversation.  

Je ressentais finalement par une sorte de gêne et de honte à avoir des envies sur elle. Pour ma part, car en ce qui concernait Etto et Rachid, le poppers leur retirait toute inhibition.

Elle jouait sur un terrain de camaraderie. Elle évitait les  sourires. Gardait sa distance. Ne se montrait pas. Ce qui  nous limitait l’envie d’en profiter. Presque le sentiment  d’être face à un mec, ses vêtements, sa façon de parler.  Faisait oublier qu’elle n’était qu’une jolie petite nana.  Agissant comme si toute dérive ne lui effleurait pas  l’esprit, elle arrivait à tromper notre vigilance. Elle avait  souvent dû se trouver dans ce genre de situation pour  être comme ça. Il n’y a que les heures passées avec tout  le monde et n’importe qui, qui rendent comme ça. Déjà  on sentait qu’elle faisait partie de ces gens qui vont vers  les autres. Même ceux qui ne leur plaisent pas. Mais  bon, elle était encore jeune… Je ressentais finalement  par une sorte de gêne et de honte à avoir des envies sur  elle. Pour ma part, car en ce qui concernait Etto et  Rachid, le poppers leur retirait toute inhibition. 

Au bout de quelques heures j’avais hâte de  rentrer, la fille me plaisait. L’ambiance était un peu  faussée par sa présence. Etto et Rachid jouaient leur  rôle de séducteur respectif, le Calabrais restait  silencieux. Il semblait voir d’un mauvais œil l’arrivée  de cette fille. Quant à moi, je me taisais. Aucun intérêt  à jouer le fanfaron, quoi qu’il arrive c’est avec moi  qu’elle repartirait. Restait à la décider à décoller, ce  qui ne semblait pas gagné, elle avait l’air de se plaire  ici. Après quelques petites remarques sur l’heure  tardive, notre départ prochain fut évoqué. Je ne sais  pas si elle les appréciait où si elle retardait le moment  de se retrouver seule avec moi mais elle était ancrée au  canapé. Finalement, nous sommes partis peu de  temps après, mais non sans mal.  

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