Psychose et réalité environnante

Les créations psychiques, autrement appelées contenu délirants, sont issues du réel vécu ! Sorties du réel pour un onirisme salutaire, les créations psychiques s’avèrent toujours en lien direct avec le réel. Non déconnectées de notre vie, elles reprennent souvent des éléments d’une histoire passée ou présente. 

Même quand elles apparaissent totalement fantasmatiques, elles sont constituées de présence personnifiées, de voix, de visions issus de notre histoire. Comment penser comme certains psychiatres qu’elles puissent être déconnectées du passé de son auteur ? Et non seulement, elles sont alimentées par l’histoire de vie du créateur mais plus, elles se greffent sur des événements de vie traumatiques qu’elles semblent transformer en contenu psychique admissible.   

J’en veux pour preuve ma première paranoïa productrice de création psychiques. A l’époque, petite trafiquante de haschich, une connaissance de ce moment vient me dire que je suis potentiellement suivie régulièrement par des policiers en civil. Je commence alors à faire attention autour de moi et constate qu’il a raison. C’est alors que commence une montée d’angoisse. Peu à peu je ne vois pas comment y échapper et je décide de partir de chez moi, avec l’argent qui me restait et en abandonnant tout. 

Officiellement, j’étais devenue paranoïaque en bouffée délirante et en voyage pathologique.

Partant sur les routes, je voyage quelques semaines ou quelques mois, je finis en province chez mes grands-parents. Entre-temps, avec la faim, la soif, l’angoisse, des créations psychiques ont pris la place des sensations, des impressions et des convictions de ma paranoïa. 

Officiellement, j’étais devenue paranoïaque en bouffée délirante et en voyage pathologique. Quelques années plus tard, de retour dans mon quartier de vie de l’époque, j’apprendrais que mon fournisseur principal s’était fait perquisitionner, arrêté et incarcéré. 

Deux leçons de cette histoire : la paranoïa peut s’avérer être un syndrome salutaire permettant la survie concrète dans des conditions objectivement dangereuses. Finalement, j’ai évité la prison, et j’ai fini dans un hôpital. Ce qui a dû déterminer différemment la suite de ma vie. Deuxième leçon : le “délire paranoïaque”, les bouffées délirantes, les créations psychiques sont activées par des éléments extérieurs réels et concrets. Et pour revenir à notre propos, non seulement le mécanisme est salutaire parfois mais il est basé sur des faits matériels parfois indéniables et réellement dangereux pour soi. En somme, les sorties du réel via des créations oniriques sont un mécanisme de défense vis-à-vis de l’extérieur mais aussi d’un intérieur fragilisé par lui. 

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